02 juillet 2009
Un suicide sur les rails.
A la gare d'Etampes mon train fût immobilisé pendant une heure et demie, sur le quai l'agitation était vive et les passagers excédés, « il aurait pu choisir un autre jour ! » disait une femme aux cheveux rouges. Au téléphone j'essayais de gérer quelques soucis logistiques, de ma bouche passaient quelques mots, des soupirs, la fumée des cigarettes et mes ongles rongés, il fallait attendre la police, le médecin, les pompiers. Après une heure et demie en plein cagnard le train redémarra, et en passant devant la gare de Bretigny nous vîmes le corps étendu sous un drap. J'étais côté fenêtre, sous le soleil ça n'avait pas vraiment l'air triste. Dans le métro je laissai passer les stations aux noms célèbres et manqua ma correspondance de peu, la mort m'avait mise en retard mais les contrôleurs de gare étaient coopératifs, il y a des urgences contrariantes qu'on ne peut blâmer. Je n'ai pas eu le coeur à l'angoisse, simplement la fatigue occasionnée par dix heures de trajets tracassés faisait naître en moi l'engourdissement provoqué par les longs sommeils. J'ai croisé la mort sur le quai d'une gare de l'Essonne, elle était un drap blanc contrastant avec le gris béton du dehors, épousant les formes peu abîmées du corps, on distinguait même sur elle le noir passé de la semelle d'une chaussure de ville.
Commentaires
linceul contemporain
J'ai vécu un moment similaire il y a quelques années, station La Courneuve, mais là l'enveloppe était de couleur argentée contrastant avec la mare rouge en dessous.
La SNCF: des souvenirs inoubliables.
Quand la mort surgit avec ses grands sabots...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=395050&pid=14279501
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
